8'36"09 sur 800 m nage libre, l'ancienne protégée de Phillipe Lucas est apparue bien loin de son meilleur niveau, à près de 18 secondes du temps référence qu'elle avait établi aux Mondiaux de Melbourne.
Une semaine après les performances de ses rivales, dont celle de l'Américaine Katie Hoff sur 400m, à 7/100 du record du monde de Laure Manaudou (4'02''13), la Française (Photo L'Equipe) présente à Lyon pour la Coupe de France, sait que son avance s'est réduite. Si elle veut conserver le titre olympique sur 400 m nage libre, la nouvelle élève de Lionel Horter est bien consciente qu'elle doit redoubler ses efforts.
«Laure Manaudou, avez-vous pensé aujourd'hui (vendredi) aux temps de vos concurrentes comme l'Américaine Katie Hoff ?
Je ne suis pas dans une période où je suis capable de nager les temps qu'elles ont fait, donc je n'y ai pas pensé.
Comment avez-vous réagi en apprenant que Hoff avait frôlé votre record du monde du 400 m nage libre (4'02''13) de seulement 0"07 ?
Sept centièmes, ce n'est pas beaucoup. Sur le coup, j'étais un peu... pas dégoûtée mais de voir que des filles font 4'02''... Il va falloir que je me bouge un peu et en même temps il vaut mieux que je le sache maintenant plutôt qu'après. J'ai été surprise de voir que c'était Katie Hoff et pas Kate Ziegler. Comme quoi il y a encore plus de nageuses et ce n'est pas fini. J'aurais des surprises toute l'année. Mais j'espère leur faire des surprises aussi !
Ne vous sentez-vous pas cernée par toutes ses nageuses qui se sont très fortement rapprochées de vos temps ces derniers jours ?
Dès qu'il se passe quelque chose (par rapport à moi), c'est la fin du monde ! Dès que quelqu'un se rapproche d'un de mes temps, tout de suite il y a plein d'articles. D'accord, vous pouvez vous inquiétez mais elles, elles sont préparées, moi non. Il y a d'autres nageuses qui sont très fortes, il n'y a pas que moi dans la natation mondiale. Ce n'est pas la peine d'en faire tout un plat. Plus il y a de concurrentes et plus ça nage vite et plus ça me motive. Il y a quatre ans, il fallait nager 4'05'' (le 400 m NL) maintenant il va falloir nager 4'.»
Effectivement, il apparaît de plus en plus qu'en finale aux Jeux, il faudra nager en 4'
On ne peut pas savoir. Mais il va falloir nager très vite et pas 4'02'', c'est sûr. 4'02'', c'est rien du tout. Déjà nager le matin, ça va être compliqué. Mais déjà il faudra se qualifier en finale. Et d'abord se qualifier pour les Jeux. Pour l'instant je n'y suis pas.
Vous êtes vous fixée un temps pour votre premier 400 m nage libre de l'année samedi ?
Je n'ai pas du tout de temps dans la tête. C'est ma première compétition avec Mulhouse (son nouveau club, ndlr). Je ne sais pas ce que ça va donner. Je suis moins stressée et si je fais un moins bon temps, c'est moins grave. Je suis venue ici pour voir comment ça se passe au niveau du groupe, de Lionel (Horter), du kiné, et avec la compétition aussi.
Comment s'est passé votre premier stage avec le pôle France de Mulhouse (27 janvier-13 février aux Seychelles) ?
Ça s'est très bien passé. On a nagé comme je nageais à Canet (avec Philippe Lucas), pas avec la même intensité mais ça ne m'empêche pas d'être fatiguée et d'arriver ici et d'essayer de faire des bons temps.
Comment se passent vos entraînements avec Lionel Horter ?
Par rapport à Philippe (Lucas), ça se passe super bien et ce n'est pas du tout la même façon de travailler, ça me plaît beaucoup. Ce n'est pas pareil, ce n'est pas à fond. Il y a de la récupération, je fais une autre sorte de musculation sur mon épaule. Les entraînements passent toujours aussi vite et c'est très important de nager en groupe.
On vous a vu plaisanter avec votre frère Nicolas. Vous vous êtes réconciliés ?
Ca a été dur pour lui. On s'est reparlé il n'y a pas longtemps parce que c'était assez difficile. Maintenant, c'est mieux. Une relation frère/soeur, c'est mieux qu'entraîneur/entraînée.»